Evaluation du sytème LMD: Contribution de notre collègue, le Professeur Mehana Abdeslam (Facultés de Physique, USTHB, Alger)

 

Remarque : ce projet de programme d’action est intentionnellement succinct afin de permettre à chacun de l’enrichir et de contribuer à son élaboration.

 

Avant propos

En cette période de mondialisation et de rude concurrence, la survie de nos universités dépend de sa capacité à s’adapter aux profondes mutations des dispositifs pédagogiques universitaires imposées par les nouvelles exigences du marché du travail. Nos universités connaissent, depuis quelques années et notamment depuis la dernière réforme LMD, de profonds bouleversements dans leurs structures, dans leurs missions, dans leur environnement, mais aussi dans les métiers des personnels des universités. La réorganisation des fonctions support, l'évolution des méthodes d'enseignement, l'évolution des missions des enseignants chercheurs et des enseignants ont tendance à remettre en cause l'identité de chaque corps. Ces évolutions, et celles qui pourraient découler appellent à une décentralisation et nous interrogent sur les politiques de ressources humaines pour l’université de demain, car les ressources humaines constituent le cœur des universités.

 

Les universités Algérienne a harmonisé ses diplômes avec ceux de l'ensemble de la communauté Internationale. L'Université des Sciences d’Alger est entrée à la rentrée 2005 dans le système LMD c'est à dire des diplômes nationaux Licence, Master, Doctorat correspondant à bac+3, bac+5, bac+8. Tandis que les diplômes intermédiaires, DES, Magister et Doctorat d’Etat et 3ème cycle (bac+4, bac+7 et BAC +10) continueront à être délivrés. Les formations à caractère professionnel à bac+5 (Ingéniorat) sont intégrées au nouveau système tout en conservant leurs spécificités. Le cycle d’études reste inchangé, soit :

*une organisation en semestres,

*la licence est découpée en 6 semestres,

*le master est organisé en 4 semestres,

*chaque semestre compte pour 30 crédits ECTS.

 

Les programmes pédagogiques doivent dorénavant permettre à tout étudiant de se former progressivement en acquérant un ensemble de compétences adaptées à ses préférences disciplinaires, et à son projet professionnel. Dans ce contexte, le système de diplômes doit être facilement lisible et transférable.

 

Problèmes rencontrés à l’USTHB.

Ce qui handicap aujourd’hui l’Université Algérienne, c’est, entre autres, le problème de niveau des bacheliers, la gestion des flux, le manque d’adhésion des enseignants au processus de la réforme et la gestion administrative de questions pédagogiques. En amont, il se pose le problème d’accompagnement du système par les politiques.

 

La démocratisation de l'enseignement ouvre les portes de l'université à tout bachelier; les meilleurs accèdent aux disciplines les plus cotées dans la société (sciences médicales, architecture, informatique etc.) alors que le gros du contingent est contraint et force, par défaut, en Technologie ou en Sciences Exactes qui s'en trouvent, a contrario de leur valeur scientifique, déconsidérées. La conséquence inéluctable est l'inquiétant taux d'échec aux cours de la première année. D'autres causes contribuent également à cette déconfiture :

 

Considérant le fait que l’Université est l’un des centres des agitations et de contestations, les politiques tardent à accompagner le processus pour ne pas prêter le flanc aux revendications populaires. De ce fait, l’Université n’est pas la priorité dans les programmes de société des gouvernants. Le budget qui lui est alloué n’est pas en phase avec l’évolution des besoins auxquels elle doit faire face. Or, la réalisation d’une plus grande compatibilité et comparabilité entre les différents systèmes d’enseignement supérieur exige une dynamique soutenue pour être pleinement accomplie. Ce manque de volonté politique fait que les moyens financiers font cruellement défaut aux autorités universitaires pour entrer effectivement dans l’ère du LMD.

 

Le nombre de sections en première année (Techno+ SET. et Info) pour la rentrée Universitaire 2014/2015, et donc le nombre  d’étudiants(es) en première année universitaire ont subi une augmentation formidable dans ces disciplines techniques. Cette extraordinaire multiplication de l'effectif étudiant est en inadéquation avec les moyens humains et matériels existants. A citer titre indicatif le déficit important en enseignants, en locaux, en laboratoires et en équipements. Ce déficit a entrainé un sur effectif en séances de travaux dirigés et une réduction des séances de travaux pratiques Ces dernières sont assurées par un seul enseignant alors qu'il en faut deux. Pour ne citer que la première année, le taux d'encadrement relatif au module est d'un enseignant (de L1 et L2) pour 55 étudiants. De plus, un bon nombre d’entre eux est vacataire.

 

Résumé succinct des problèmes rencontrés:

  • le système d'orientation est vidé de son essence première. Sa seule fonction est de gérer les flux,
  • la gestion administrative de questions pédagogiques,
  • la majorité des étudiants de première année inscrits en Technologie ou en Sciences Exactes ont un BAC Spécialisé ou un bac avec rachat. Il se trouve que seule une infime minorité (5%) d’étudiants inscrits en Sciences Exactes a volontairement opté pour cette discipline, ceci explique partiellement le manque d'enthousiasme et l'alarmant taux d'échec de ceux qui y ont été embarqués a contre grès. De ce fait seule une infime minorité a réellement le niveau requis,
  • l'absence de critères valables pour l'inscription dans les filières SET. et Technologie,
  • l'inexistence d'infrastructures adéquates et de cadre de vie minimum à l'Université,
  • les dures contraintes de transports, restauration et d'hébergement en cites universitaires,
  • détérioration des conditions de travail (exiguïté des locaux, manque d’entretien, etc.), manque de soutiens didactiques, et d’équipement de matériels de travaux pratiques,
  • l’université est vide à partir de 14h 40 mns!!! Ce qui explique le fait que les programmes ne sont jamais achevés.
  • baisse continuelle du niveau des bacheliers,
  • les difficultés de maitrise de la langue d'enseignement et donc la compréhension,
  • malgré l’extension de l’offre de formation supérieure, les taux d’encadrement global  ne cesse d’augmenter, il est passé, entre 1992 et 20154, de 17 à 22 étudiants par enseignant, ce qui se répercute sur le suivi des étudiants ; ce qui place l’université algérienne loin des normes internationales,
  • trop grande rigidité des nouveaux cursus, manque de débouchés professionnels après une Licence : en effet, le niveau Licence a du mal à s’imposer sur le marché du travail,
  • sur le plan administratif, l’état piteux de la communication et leur insuffisance ne favorisent ni la gestion des flux et parcours des étudiants, ni celle des emplois du temps face aux problèmes de salles de cours et de travaux pratiques qui se posent avec acuité,
  • L'étudiant n’est pas acteur de son parcours de formation car il ne bénéficie pas d'un accompagnement tout au long de son projet d'études. Il étape ne peut pas réaliser un certain nombre de choix en fonction de son projet d'études et professionnel,
  • Malgré l’acquisition du nouveau bloc de travaux pratiques, le nombre de salles de travaux pratiques disponibles reste nettement insuffisant. Seules en réalité xx sections ( xx * 4 *2) au maximum, peuvent manipuler normalement, une fois par semaine, à raison de deux séances par jour. La tendance actuelle (solution ‘’miracle’’) est de faire manipuler les étudiants à raison d’une séance tous les quinze jours. L’autre solution radicale est de supprimer les travaux pratiques.
  • Les moyens financiers alloués aux laboratoires ne permettent même pas d’assurer l’entretien et le renouvellement du petit matériel consommable.
  • la connexion Internet dans les facultés est très insuffisant (voire ridicule même). Aucun établissement n’est bien loti, même si certains ont de l’avance sur d’autres.
  • Le nombre de postes budgétaires (recrutement d'enseignants) ne cesse de diminuer d'année en année alors que le nombre d'étudiants ne cesse d'augmenter. La qualité de l'enseignement dispense s'en ressent avec cette "géniale" technique de gestion; avec moins de titulaires et plus de vacataires. Il faut alors supprimer les heures supplémentaires et les vacations et ouvrir plus de postes budgétaires

 

La mobilité: Il existe peu de données fiables sur les flux de mobilité et sur leur progrès depuis l’instauration du LMD. Le manque d’informations et d’infrastructure (possibilités de logements) sont à l’origine de l’échec la mobilité,

L’employabilité des diplômés : Les problèmes perdurent en termes d’accès à l’emploi, en particulier au niveau licence depuis le passage au LMD (les employeurs ne connaissent pas et ne reconnaissent pas pleinement les nouveaux diplômes). Le Magister et le Master tendent à rester le sésame de base pour accéder au marché du travail.

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Propositions

Au regard des quelques éléments & analyse et des constations brièvement exposés, nous présentons les propositions élémentaires devant être prises avant même d'envisager une éventuel "réformette des programmes". Nous jugeons que la crise que traverse notre université n'est plus que pédagogique mais bien plus profonde. Apporter des solutions d'ordre pédagogiques uniquement no pourra pas freiner l'aggravation d'une situation déjà bien désastreuse.

 

  • Limitations du nombre d’étudiants par groupe de travaux dirigés et des travaux pratiques selon les normes pédagogiques internationales.
  • Limitations du nombre d’étudiants par section pour les cours magistraux suivant la capacité des locaux affectés aux enseignants.
  • Affectation de deux enseignants par séances de travaux pratiques.
  • Rétablir les horaires d’enseignements minima (8h – 18h30).

Tout ceci ne peut être réalisé qu’en respectant les capacités d’accueil de l’USTHB.

  • Respect des volumes horaires et des programmes d’enseignements (actuellement amoindris).
  • Revoir les coefficients des divers modules ( & suppression des modules de bureautique).
  • Arrêter de charcuter le contenu des modules.
  • Démultiplier les volumes horaires des cours, des TD et des TP.
  • Redynamisation des comités pédagogiques de sections et de groupes.
  • L’intégration de l’apprentissage de « compétences transversales » telles que la maîtrise des langues vivantes étrangères (Anglais) et celle des outils informatiques ;
  • la facilitation de la création d’enseignements par des méthodes faisant appel aux technologies de l'information et de la communication et du développement de l’enseignement à distance.

Amélioration des conditions de travail par :

  • L’entretient permanent des locaux de travail.
  • L’enrichissement et la mise à jour de la documentation pour les enseignants et les étudiants.
  • Construction d’une nouvelle bibliothèque centrale et d’espaces de travail auprès de toutes les facultés.
  • La dotation de moyens matériels et financiers (régie, stages, matériels de travaux pratiques) pour le bon déroulement des enseignements.
  • Equiper les laboratoires de travaux pratiques. Doter les salles de TP de nouveaux matériel et en quantité suffisante afin de d'assurer les séances de TP dans de bonnes conditions.
  • Il faut répartir les étudiants (pas plus de 20 étudiants /grp) en fonction des capacités effectives d’accueil des salles de TP et du matériel disponible.
  • Mettre fin au cumul de fonctions et limiter le nombre d’heures supplémentaires.
  • Rétablir les volumes horaires des modules importants- reconsidérer la notion de modules de ‘’découvertes’’
  • Rétablir l’enseignement des travaux pratiques supprimés.
  • Réétudier les coefficients alloués aux modules, pré requis, notes éliminatoires, compensation…
  • Lancer une réflexion sur le comment palier au rôle de frein et voire même négatif des CRC. Comment ne pas alors s’interroger sur la nécessité de l’autonomie des universités en ce qui concerne les contenus des programmes d’enseignement.
  • Les étudiants doivent impérativement avoir leur pose de déjeuné de l’ordre de 1h30 entre 11 et 13h30.
  • Mise en place d’un dispositif souple à l’accès à Internet dans l’ensemble de l’espace de notre établissement en privilégiant le Wifi de sorte à motiver les étudiants à l’usage d’outils pédagogiques technologiques. C’est à ce prix pensons-nous que cet outil peux contribuer à la réussite du LMD à l’Université.
  • Les capacités d'accueil des universités Algérienne sont largement insuffisantes et le peu de moyens existants parait dérisoire. En ce qui nous concerne l’USTHB à besoin, pour faire face à l’accroissement anarchique de l’effectif, d'une sœur jumelle dans les meilleurs délais (Ain allah).

 

Conditions d'accès en première année des Sciences Exactes et de Technoloqie.

  • Les bacheliers série Mathématiques ou Technique-Mathématiques, sciences islamique, etc … peuvent s'inscrire en première année ( Techno ou S.M.) que s'ils ont obtenu  au BAC des notes supérieures a 12/20 en physique et en mathématiques. Cette limitation doit être aussi exigée aux bacheliers série "Sciences".,
  • Augmenter le volume horaire du module Sep200. Nous suggérons; 02 séances de cours, 03 séances de Travaux diriges et une séance de Travaux Pratiques par semaine.
  • Au regard du niveau actuel des bacheliers nous suggérons que la première année soit une année préparatoire et ce n'est qu'en fin d'année que les étudiants seront orientés en fonction de leurs résultats. La véritable orientation ne peut se faire qu’à ce prix.
  • Reprendre le système de progression modulaire des années 70.
  • II est très probable que le nombre de lauréats au prochain BAC sera encore plus important pour l'année universitaire précédente. Les capacités d'accueil de nos facultés étant largement dépassées, il nous sera alors impossible d'assurer convenablement nos enseignements si:

 

 

MODALITES D'EXAMINATION

Le déroulement des enseignements est sérieusement perturbé par le lourd système d'examinassions (durée d’un mois de battement) en plus de la période de flottement (mois de septembre). Les cours, T.D. et T.P. sont suspendus pendant de » 20 jours à chaque fin de semestres en plus du moins de battement entre la rentrée de septembre et la reprise effective qui n’a lieu qu’au milieu du mois d’octobre. Par conséquent, la durée effective des enseignements devient insuffisante pour terminer le programme. Pour remédier à cette situation il faut que Les listes définitives des étudiants soient arrêtées (affichées) avant le début des cours de septembre et ne subir aucune modification au courant de l'année.

 

Les défis pour la prochaine décennie (2010-2020), parmi lesquels :

Améliorer la communication autour des réformes, de façon à ce que toutes les parties prenantes (étudiants, personnels académiques, employeurs et la société dans son ensemble) comprennent les objectifs et les avantages du processus de rapprochement des systèmes d'enseignement supérieur national et International.

 

Influence du numérique sur les métiers de l’enseignement supérieur et de la recherche

La révolution numérique n’a encore que peu pénétrée nos établissements dans le domaine de la pédagogie. Cette révolution vient pourtant interroger nos schémas de formations et notre rapport aux étudiants. On peut distinguer deux jeux de questions ressources humaines liées à ce thème :

- les compétences : comment déployer un plan de formation pour les enseignants actuels ?

- comment former les futurs enseignants à ce nouveau paradigme ?

 

Que doivent faire les autorités politiques pour accompagner la réforme LMD?

Les diverses "réformettes entreprises, au cours de ces deux dernières décennies, pour remédier à la crise que traverses le système éducatif ont toutes lamentablement échouées. Elles ont en fait, été conçues, dans les coulisses du Ministère et essentiellement dans le seul souci de faire face aux contraintes de places pédagogiques. Elles ont toutes étaient décidées conçues, par des commissions " fantômes et fantoches", en dehors de la communauté universitaire. Toutes ces réformettes ont fait qu'aggraver une situation déjà chaotique. Après l’école c’est au tour de l’Université d’être sinistrée.

  • Faire le bilan et un diagnostic serein, loin de toute idéologie dogmatique, du système éducatif en général; du primaire, du moyen et du secondaire pour en arriver à l'enseignement Universitaire.
  • Faire participer aux débats engageant l’avenir de l’Université Algérienne ses principaux acteurs en l’occurrence les enseignants et les étudiants.
  • Préciser les véritables nécessités en matière technologique et d’y tracer une politique de formation appropriée.
  • Installation d’une commission " indépendante" qui sera chargée de faire le bilan de l’enseignement (primaire, secondaire et universitaire) de 1962 à 2015.
  • Faire le diagnostic des raisons de la chute continue et alarmante du niveau de notre système éducatif.
  • Installer une commission plurielle composée d'enseignants du primaire, du secondaire et de l’université qui sera chargée de la coordination, de la gestion et du suivi des enseignements primaire, secondaire et universitaire.
  • Les premières solutions à la baisse inquiétante du niveau de notre système éducatif se situent en amont. II faut, avant tout, apporter les solutions aux enseignements primaires, secondaires pour enfin envisager les solutions pour l'enseignement supérieur. Car les principales raisons de l’échec de l'Université Algérienne sont biens connus et de tous. Il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir et pas pire sourd que celui qui refuse les autres approches contradictoires. Toute perte de temps ou tergiversation, dans la solution de cette question, ne font que compromettre d'avantage nos chances de réussite. Demain, nous n’aurons plus les compétences de relevé le défit qui nous attend.

 

Il appartient aux pouvoirs publics de s’occuper de l’aspect financier. En effet, comme on le dit souvent, l’argent est le nerf de la guerre. C’est dire qu’aucune réalisation de taille ne peut se faire sans des ressources financières. Les acteurs de l’université sont unanimes sur l’insuffisance et la précarité des infrastructures. Pour que cette situation soit corrigée, l’université a grand besoin de disposer de moyens financiers conséquents aussi bien pour équiper davantage les acteurs de l’Université en matériel scientifique que pour recruter des ressources humaines capables d’assurer la maintenance dudit matériel pour viabiliser les équipements acquis. Nous invitons notre ministère à repenser complètement le mode de fonctionnement de ses services financiers.

En outre, l’Etat doit revoir à la hausse l’enveloppe financière qu’il accorde à l’Université. Ces mêmes pouvoirs publics doivent créer les conditions qui puissent encourager le partenariat entre le monde universitaire et le monde l’entreprise, partenariat qui pourra déboucher sur une participation active à l’épanouissement de l’Université Algérienne.

 

Enfin, à travers une politique globale, l’Etat doit prendre des mesures pour détaxer le matériel scientifique, transitant généralement par des importateurs douteux. Doter les universités d’une enveloppe financière en devises et les inciter à acheter leurs matériels directement du fournisseur (fabricant).

 

 

Quelle politique à l’égard des jeunes chercheurs ?

Les jeunes chercheurs (doctorants et docteurs), de part leur formation et par la recherche, participent au constant travail d’élaboration et de progression des connaissances, à l’évolution de l’enseignement supérieur, à la diffusion des savoirs et des innovations dans l’ensemble du tissu socio-économique.

Or, les inquiétudes des jeunes chercheurs-e-s sont là. Ils éprouvent des difficultés à trouver leur place au sein de la société mais aussi au sein de nos établissements pour ceux qui ont vocation à y réaliser l’intégralité de leur parcours professionnel à l’Université.

 

Questions :

- Dans le cadre de la politique conduite envers la jeunesse, quelles décisions et dispositions prendre à l’égard de ces jeunes chercheur-e-s ?

- Quelles sont leurs conditions de travail ?

- Comment reconnaître leur implication au sein des établissements ?

- Comment valoriser le doctorat qui souffre d’un manque de reconnaissance?

- Comment accompagner l’insertion ou l’évolution de carrière de ces jeunes hautement qualifiés dans le monde professionnel, puisqu’ils sont les meilleurs représentants de nos formations et de nos recherches auprès des institutions et du monde économique et social ?

 

RECHERCHE.

Notre gouvernement doit prendre conscience du caractère stratégique de l’innovation, et doit engager une série de mesures visant à renforcer la valorisation de la recherche publique et les transferts de savoir entre le monde académique et le tissu industriel. Récemment, des investissements d’avenir tel que DESERTEC sont envisagés pour fédérer les divers acteurs (universités, grandes écoles, laboratoires de recherche, pôles de compétitivité, les centres de recherches IDTS, CDR …...).

L’amélioration des méthodes et contenus pédagogiques reste intimement liée aux avancées de la recherche fondamentale car le développement de la recherche dépend du niveau d’enseignement dispensé. Le débat sur la recherche scientifique doit passer nécessairement par une évaluation d’un bilan des travaux effectués jusqu’ici.

 

Le statut de chercheur, à travers les unités de recherche est incohérent. Il ne stimule pas la compétence, il préfère valoriser les diplômes et l’ancienneté. A titre d’exemple le passage, de chercheur à chargé de recherche puis au grade de directeur de recherche, ne se base pas sur la valeur travail de recherche et des résultats obtenus, mais repose sur le nombre d’année passée et sur les diplômes.

 

L’absence d’une orientation vers des axes de recherche définis a permis l’acquisition d’équipements lourds non fonctionnels. Des équipements commandés aux années 70 n’ont jamais fonctionnés. Aucune question rationnelle d’achat d’appareil n’a été pratiquée, d’où parfois un même, coûtant son pesant d’or, se trouve aussi bien à Constantine qu’à Batna tandis que les petits équipements de laboratoires restent insuffisants.

 

La bureaucratie et les techniques administratives de payement rendent (étouffent) impossible l’acquisition de produits de base consommables (produits chimiques, composants électroniques, petits matériels de laboratoire). Comme il est impossible de maintenir en état de fonctionnement le matériel existant (défaut de contrat de maintenance, défaut de budget en devises pour l’achat de pièces de rechanges). Les lenteurs de règlement des factures entrainent des surfacturations lorsque les fournisseurs daignent accepter nos bons de commande.

 

Les directeurs de laboratoire doivent disposer d’un compte bancaire (ou CCP) et pouvoir régler par chèques tous les achats des produits achetés en Algérie. Le contrôle de la situation financière du laboratoire doit se faire à postériori.

 

Perversion des accords programmes (Tassili, ….)

L’accord programme ayant pour but l’acquisition (transfert) de nouvelles techniques entrant dans le cadre du transfert de technologie est devenu une fuite en avant et a pour conséquence de transformer nos chercheurs en main d’œuvre de qualité à distance faisant profiter uniquement les laboratoires d’accueils.

 

Les centres et unités de recherche ont pris un caractère d’institutions fermées. Leur statut est incohérent (COMENA – Ministères de l’industrie ???) et leur directeur semble être nommé à vie. Ils sont indépendants de leurs instituts d’origine (MESRES) et dispose de gestion non transparente.

L’évaluation des travaux de recherche effectues dans les unités (et centres) se fait par des enseignants dont le profil peut être parfois totalement différent de la discipline du sujet.

Propositions :

  • Définir une politique de recherche fondamentale et appliquée basées sur des objectifs scientifiques à atteindre (mission de la DRSGT).
  • Relance d’une politique cohérente de recherche (structures, budgets ….) en association avec les principaux concernés (enseignants-chercheurs).
  • Réorganiser et créer des équipes (unités) de recherche autour d’axes définis (en 1).
  • Doter de moyens matériels et de documentation.
  • Les enseignants qui font de l’administration et ceux qui font des heures supplémentaires sont payés en conséquence alors que ceux qui consacrent une moyenne de vingt heures par semaine à la recherche ne sont pas rémunérés. Actuellement les activités de recherche sont presque pas rémunérées (prime de recherche pour ceux qui ont un projet CNEPRU. La rémunération pour les activités de recherche doit être au moins de 50% de notre salaire d’enseignant.
  • Réaliser et diffuser d’un inventaire du matériel lourd national (avec la date d’acquisition et durée de fonctionnement effective).
  • Etablir un fichier central des équipements lourds disponibles à l’échelle Nationale.
  • Mutualisation des équipements lourds. Souvent, il nous arrive de nous déplacer à l’étranger pour utiliser des équipements alors qu’ils sont disponibles en Algérie.
  • Lancer un vaste programme pour l’entretien et la réparation du matériel lourds.
  • Mise en place d’une maintenance régulière des équipements existants. Etablir des contrats de maintenance avec formation de techniciens et d’ingénieur.
  • Inciter les chercheurs à publier par des revues nationales (la RAP par la physique, le SAC pour la chimie, etc.).
  • Augmenter le nombre de stages de courte durée. (en moyenne un à deux stage / an / enseignant).

Programmation de séjours à l’étranger : favoriser les stages auprès des laboratoires de recherche au détriment

  • des conférences internationales (rendement plus intéressants dans la plupart des cas).
  • Chaque laboratoire de recherche doit disposer de son budget annuel avec délégation de signature.
  • Faire de sorte que les budgets de fonctionnement des laboratoires arrivent dans les délais (janvier).
  • Synergie entre les équipes de recherche complémentaires (exemple autour de l’eau, l’environnement etc.) au sein même d’une université ou inter-université lorsque cela est possible. Laisser les chercheurs s’organiser librement à ce sujet.
  • Signer des conventions pour permettre aux doctorants et aux enseignants chercheurs l’accès aux moyens de recherche disponibles au niveau des diverses structures existant sur le territoire national (COMENA et centres de recherche).

 

PROBLEMES INTERNES

Au regard de la dimension de l'USTHB (Infrastructure et effectifs de + de 30 000) comparable-à celle d’une ville, une autonomie totale en matière prestations sociales (crèche, logements, complexe sportif, centre médico-social ) est plus qu'indispensable.

  • Droit de regard des représentants des enseignants et transparence sur les budgets et leurs répartitions au niveau de chaque institut, est exigé.
  • Droit de regard des représentants des enseignants et transparence sur les budgets de fonctionnement de l’Université.
  • Rétablir dans les plus brefs délais, l’envoi systématique de la fiche de paie.
  • Titularisation à partir de la date de soutenance.
  • Mettre fin au cumul de fonctions et limiter le nombre d’heures supplémentaires.
  • La connexion internet est désastreuse et trop souvent inexistante.
  • Dysfonctionnement de la mutuelle des enseignants. Les enseignants cotisent à la mutuelle des enseignants sans contrepartie. Pourquoi ne pas ouvrir des guichets de la mutuelle à l’USTHB,
  • Etudier toutes éventualités pour la réouverture du restaurant universitaire pour les enseignants et la subvention des repas des enseignants par l’argent des œuvres sociales.
  • Encourager l’activité sportive.
  • Les CSF doivent afficher les PV de réunions.
  • Respect du droit syndical (local, tableau d’affichage, boite postal/ Fac).
  • Attribution de locaux de travail aux enseignants-chercheurs n’appartenant à aucun laboratoire.
  • L’hygiène et la propreté laisse à désirer à l’’USTHB (toilette, couloirs entretient des blocs de classes, laboratoires, etc.). Le ramassage des ordures n’est pas assez fréquent.
  • Aménagement des espaces verts.
  • Les régies dans les facultés n’existent plus ?
  • Electricité fait souvent défaut. Même les interrupteurs + inexistants dans les blocs de classes et les amphithéâtres.
  • Travaux d'étanchéité de certains amphithéâtres et des facultés.
  • Les travaux suite au tremblement de terre de 2003 ne sont pas encore finaliser.
  • Les caves des facultés (Bio, Chimie et Physique) sont dans un état lamentable (feux au sous sol de la fac de physique en 2014),
  • Ramassage des ordures autour des facultés doit être fait régulièrement.
  • Les agents de sécurité et d'Amphis doivent veiller au bon déroulement des cours et de Travaux dirigés en limitant la circulation durant les séances de cours.
  • Rétablir la libre circulation entre les divers instituts par le biais du bloc de liaison.
  • Le parking des enseignants et trop exigu, les enseignants ne trouvent plus de place de stationnement après 10 heures. Réglementer l’accès au parking des enseignants et établir des badges aux enseignants.
  • Annulation du projet décret exécutif N° du modifiant le décret exécutif N°08-130 portant statut particulier de l’enseignant chercheur.

 

Cette situation se répercute inévitablement sur la qualité de l’enseignement et provoque le mécontentement de tous les acteurs (les étudiants et leurs familles, les universitaires, les chercheurs, les entreprises, etc.) et reflète la nécessité et l'urgence de doter l’université de moyens pédagogiques, scientifiques, humains, matériels et structurels qui lui permettent de répondre aux attentes de la société et de s’intégrer au système international de l’enseignement supérieur.

Signalons aussi que l’érosion du pouvoir d’achat des enseignants et du personnel administratif, entraînant leur démobilisation et l’exode des compétences.

 

 

Le logement

Le logement revendiqué par les enseignants, dans le but d'améliorer leurs conditions de travail, est un complément nécessaire et indispensable à l'accomplissement correct de leurs tâches pédagogiques, Sur ce plan, les enseignants ont d'innombrables promesses qui n'on jamais été tenues. Bien plus, une multitude de circulaires, telex notes etc..., aussi contradictoires les uns que les autres, entretient régulièrement l'injustice et la confusion dans l'attribution sporadique de 'squelettiques et rares quotas. Par ailleurs, a diversité et l'inconsistance des arguments avancés par l'Administration, montre, si besoin est l'absence d'une volonté politique réelle de dissiper cette malédiction sociale qui frappe les enseignants. Ainsi, la-nouvelle formule' " E.P.L.F.", hors de portée de la majorité des travailleurs de l’université, n'est qu'une solution complémentaire ne pouvant résoudre le problème.

Pour débloquer la situation actuelle, attribution de cent (100) logements dans l'immédiat vu la forte demande (XXX demandes environ) et le retard accumulé.

-             Etablissement d'un calendrier d'attributions de cinquante (50) logements par semestre au profit de l'U.S.T.H.B., quitte à délivrer des arrêtés d'attribution individuels pour des logements en voie de construction ou en voie d'achèvement .

-             Ouverture des cités universitaires pour les post-graduants.

 

Nous soulignons que les autres formes d'acquisition de logement (E.P.L.F., Coopérative immobilière) ne sont que des solutions complémentaires qui sont loin de pouvoir résoudre le problème de la majorité des travailleurs.

 

Le recours aux vacataires

Le recours aux vacataires est devenu une pratique institutionnalise: plusieurs séances pédagogiques (Travaux Dirigés, Travaux Pratiques, Cours Magistraux) ne fonctionnent qu'en " heures complémentaires ", alors que ces dernières sont, en principe, destinées â apporter un complément pédagogique, spécifique, provisoire et occasionnel, en marge du volume horaire usuel qui doit être rempli par un enseignant permanent. Cet artifice des heures complémentaires a fait tâche d'huile et a été imposé aux nouveaux post-graduants, recrutés désormais comme " vacataires permanents malgré-eux " pour des " tâches pédagogiques accessoires ". Cette indélicate appellation reflète bien la considération de l'administration pour la " dignité de l'Enseignant ", N'ayant ni le statut d'enseignant, ni celui d'étudiant.

 

Depuis un certain temps, le milieu universitaire subit une clochardisation progressive due à l'absence aussi bien, d'une maintenance planifiée, que d'une utilisation rationnelle des moyens nécessaires à la réalisation des objectifs pédagogiques il.est navrant et troublant de constater que l'U.S.T.H.B. soit en chantier sa naissance alors que certains édifices ont été réalisés en un temps record (la mosquée de …).

 

Régularisation immédiate de la situation des enseignants vacataires conformément à la réglementation en vigueur du S.G.T. stipulant que tout poste en vacation durant plus de trois (03) mois devient automatiquement permanent. Ceci doit se traduire par :

-         l’ouverture de postes budgétaires supplémentaires et  la levée de l'exigence d'une inscription en post-graduation pour leur recrutement.

 

 

Œuvres sociales la COS:

  • Nous devons renforcer la gestion démocratique et autonomie de la COS par les élus(es) des enseignants(es) et les élus(es) des travailleurs (euses).
  • Le programme d’action de la COS ne peut se résumer à des prêts. Il doit être élaboré par les membres de la COS avec les représentants des enseignants Ensuite, il doit être soumis à la communauté universitaire.
  • Les préoccupations du personnel non enseignants et ceux des enseignants sont différents Il faut donc séparer les programme d’action de la COS afin de répondre promptement aux attentes de chacune des catégories.
  • Le bilan des activités et de la gestion du budget des œuvres sociales de l’USTHB doit être publié au moins deux fois par an. Le programme d’action de la COS soit être établi lors de réunion annuelle entre les membres de la COS et les représentants des travailleurs.
  • Réfléchir sur l’éventualité de séparation de la COS car les préoccupations
  • Réfléchir à une prime de départ à la retraite Cette prime doit être proportionnelles aux anuités et aux salaires : Prime = A * Salaire + B* Ancienneté

-          La COS doit être en mesure, sur proposition des représentants des travailleurs, de débloquer une somme pour répondre à l’URGENCE (Soin- opération – ect)

 

 

Conclusion

L'Université ne saurait se contenter d'être le miroir de la société, mais, doit être la locomotive de son développement. Sans cela, et sans emprise sur les réalités, elle sombrera inexorablement dans le marasme et la léthargie, et compromettra de ce fait tous les espoirs d'un avenir meilleur, or l'Avenir à commencé en 1962.