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La fraude 2.0


Face à la diversification des techniques de fraudes, les méthodes de détection de celles-ci n’ont pas pris le même élan et demeurent impuissantes. A cet effet, les fraudeurs profitent d’une impunité quasi absolue. Ce qui ne les empêche pas d’affiner toujours plus leurs plans de triche high-tech. Dès lors, toute la problématique réside dans la vigilance des enseignants surveillants face aux nouvelles tendances de cyber-triche.

Naouel Boukir - Alger (Le Soir)
 - Il est loin le temps des antisèches collées à l’intérieur des trousses ou écrites sur la table ou la main, qui ont été éprouvées par des générations d’étudiants. Mais ce n’est pas la triche en soi qui constitue une nouveauté, puisqu’elle a toujours existé, mais le développement exponentiel et surprenant des méthodes de fraude. 
Les élèves sont de plus en plus inventifs en tricheries et il faut dire que les nouvelles technologies stimulent pas mal cette inventivité, parfois déconcertante.
Des appellations ont même été consacrées pour qualifier les fraudeurs usant de smartphones : on les surnomme les tricheurs 2.0, entre autres. Au-delà des photographies de cours et de corrigés usitées et des textos d’antisèches échangés, l’introduction de la 3G depuis l’an dernier a donné un nouveau souffle à la fraude 2.0. 
Consulter les cours qu’on peut s’envoyer sur sa boîte mail, se permettre des virées sur l’encyclopédie collaborative en ligne Wikipédia, publier les sujets d’examen sur les réseaux sociaux en plein épreuve pour solliciter l’aide des internautes, sont autant d’utilisations frauduleuses qu’offrent certains élèves à leur smartphone connecté. Certains groupes font même de ces nouvelles tendances de triche leur cœur de métier sur Facebook résultant sur la création de communautés de fraudeurs connectés. 
Des pages comme «Il n'est pas interdit de tricher. Il est interdit de se faire prendre» accumulant plus de 8 700 fans, «Le saviez-vous ? Version tricherie» avec près de 45 650 fans, ou encore «Trucs pour tricher à faire» dont le nombre de fans avoisine les 198 000 internautes ! Des plateformes dédiées au partage d’expériences et des techniques en vogue en matière de triche. Elle n’est qu’inquiétante cette utilisation effrénée des Ntic au service de la fraude. Surtout que la triche numérique devient une véritable culture au sein de la tranche jeune, moins jeune et même chez les écoliers. Par ailleurs, des techniques de fraudes encore plus extrêmes et toujours liées aux Ntic, ont fait le buzz sur la Toile. Des gadgets connectés ultra-pointus dignes de films d’espionnage : calculatrice à infra-rouge, oreillette satellitaire et le «magic-pen» (stylo magique) connecté à un smartphone permettant la projection d’informations sur n’importe quel support. Ou encore la fameuse «montre antisèche 24kupi» conçue pour contenir des vidéos, photos et tout type de documents et qui dispose, de surcroît, «d’un bouton d’urgence» permettant de verrouiller la montre et d’afficher uniquement l’horloge, afin de ne pas être pris par les surveillants. 
Ce sont une multitude de techniques et une panoplie de procédés qui échappent très souvent à la vigilance des enseignants surveillants, que ce soit durant les examens officiels ou les épreuves ordinaires. Il n’en demeure pas moins que ces tendances de tricherie numérique prennent des orientations gravement effrayantes, mettant en péril les cursus d’apprentissage des étudiants et le développement de leurs capacités individuelles et intellectuelles.

N. B.

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2016/05/22/article.php?sid=196669&cid=2

 

Le magic Pen, vous connaissez ? Non ? Jetez un oeil à cette vidéo. 

http://golem13.fr/magic-pen/