publié le 22 novembre 2016, concernant les dérogations pour accès au doctorat à l’ENSA d’El Harrach sans concours d’entrée.

 

Le groupe des enseignants ENSA qui conteste la légalité de ces dérogations et leur impact négatif sur la reconnaissance du doctorat de l’école et sur le principe d’égalité des chances des étudiants, tient à apporter les clarifications suivantes :

 Le syndicat des chercheurs décrit les dérogations, pour accéder au doctorat, comme la seule possibilité de permettre aux  Chargés d’Etude de progresser dans leur carrière. Et c’est justement, sur ce point que nous sommes en désaccord total. Ces chargés d’études auraient dû passer le concours d’accès au doctorat à l’ENSA et prouver leurs aptitudes à faire de la recherche en accédant au doctorat sur la base du mérite et non sur la base de dérogations. Le mérite dans la recherche ne s’accommode pas de dérogations. Le corps des assistants dans l’enseignement supérieur qui est aussi en voie d’extinction depuis des années n’a pas bénéficié de dérogations au détriment de l’exigence scientifique. De même que les chargés de cours qui avaient un doctorat de troisième cycle étranger ne sont pas passés Maîtres de conférences classe B sur dérogations. Ils ont eu leur promotion sur soutenance publique de leurs travaux scientifiques, devant un jury. Ceux qui ne se sont pas soumis à cette règle demeurent à ce jour chargés de cours, et nous avons des exemples à l’ENSA.

 C’est donc à ce niveau là que les négociations auraient dû être menées sans relâche par le Syndicat SNCP vis-à-vis du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Ces négociations auraient pu déboucher sur une disposition transitoire permettant aux chargés d’étude de progresser dans le corps des attachés de recherche sur étude de dossier avec obligation de publication d’articles. Progresser par le mérite pour un chercheur c’est la meilleure manière de bâtir sa carrière, tout en sauvegardant la crédibilité de sa fonction.

 Par conséquent, si le statut du chercheur n’a pas prévu de dispositions transitoires pour la promotion de chargés d’études vers le corps des attachés de recherche (qui rappelons exige un magister ou équivalent), il aurait fallu trouver des dispositions transitoires complémentaires au statut du chercheur pour leur permettre cette promotion, d’autant plus que le statut des chercheurs ne prévoit pas la progression des Chargés d’Etude avec doctorat LMD. Les grandes écoles et les universités n’ont pas à baisser du niveau d’accès à leur doctorat pour un vide juridique dans le statut du chercheur, ou pour assurer la promotion de Chargés d’étude qui ne sont pas en capacité de réussir au concours d’accès au doctorat depuis 2007 !!! De même que les candidats au concours d’accès au doctorat dans les universités et dans les grandes écoles n’ont pas à subir les injustices qui découlent des dérogations. Clairement, les candidats en liste d’attente après résultat du concours sont prioritaires par rapport à des Chargés d’Étude dispensés d’un concours qu’ils auraient du réussir depuis 2007.

 Nous rappelons que le conseil scientifique de l’ENSA réuni le 5 avril 2016, a eu la même position. Nous reproduisons intégralement un extrait du PV de ce conseil : «… les membres du CS déplorent la manière avec laquelle ces étudiants ont été affectés à l’ENSA. Les membre du CS estiment qu’être chercheur ne justifie nullement la dispense du concours d’accès au doctorat, et que les chercheurs doivent passer le concours d’accès au D-LMD, au même titre, que tous les autres étudiants».

 Pour avoir dénoncé ces dérogations d’accès au doctorat, arbitraires et non réfléchies, trois professeurs de l’ENSA sont passés devant un conseil de discipline; deux d’entre eux sont licenciés et une mutée d’office. Que le syndicat des chercheurs veuille œuvrer pour la promotion sociale de Chargés d’Étude qui n’ont pas réussi à avoir le concours d’accès au doctorat depuis 2007, c’est son choix de syndicat. Ce que nous déplorons, c’est qu’il nous accuse d’instrumentaliser ces dérogations et d’hypothéquer l’avenir de notre École, alors que nous nous battons pour l’égalité des chances des étudiants et que nous subissons les pires des représailles pour ce combat. Comment un syndicaliste par essence peut-il intervenir en ces termes quand il s’agit de licenciement abusif de professeurs ?

 Un Groupe d’Enseignants ENSA