C’est un délit  aussi ancien que les examens. La triche (ou copiage) est un phénomène mondial. Et comme tous les phénomènes mondiaux, arrivé sur le territoire algérien, il devient caricatural, extravagant. Ignoré au départ, sous-estimé ensuite, il est rapidement banalisé et devient un problème national dont l’éradication nécessiterait presque la mobilisation de toutes les forces de la nation. Ainsi en est-il de la triche aux examens qui n’est pas à prendre comme une simple bêtise de chérubin. C’est un délit dont les répercussions peuvent être colossales sur toute la société. Qui triche à l’examen trichera aux concours, en fera de même dans son travail scientifique et ne verra pas d’inconvénient à répéter cette pratique déplorable et répréhensible pour gagner des grades dans sa fonction. Ainsi il sera lui-même ce formateur de tricheurs qu’il traitera avec ce sentiment de complicité nostalgique.

Il faut maintenant en finir avec ce machiavélisme ancré qui touche jusqu’aux fondements des valeurs académiques. La fin ne devrait plus justifier les moyens car dans le cas de l’université, l’honnêteté n’est pas un luxe ; elle est garante de la pérennité de l’Etat. On ne peut tricher devant un enfant à éduquer ni un pont à construire et encore moins devant un malade à opérer.
Mais avant de s’attaquer au problème de la triche aux examens, d’autres maux qui en sont les causes directes et indirectes sont à prendre en charge. Il s’agit tout bonnement d’imposer, s’il le faut, les bonnes valeurs à l’université. Ces repères déréglés qui obligent les plus récalcitrants à respecter l’effort, l’honnêteté et la compétence. Il est impératif d’inscrire au rang des délits la ruse et l’utilisation de la force comme moyen d’arriver à ses fins.

Samir Azzoug (El Watan, 1 février 2017)