L'expertise ministérielle des projets de recherche neuro-scientifiques en Algérie (Suite et fin)

par Nacira Zellal (In Le Quotidien d'Oran, 26 Décembre 2017)

2. L'apport socio-économique des Projets de l'URNOP est, théoriquement, justifié selon un modèle scientifique à visée socio-économique clinique et spécialisé ; il devient donc efficace, utile et pérenne 

Un soin pratiqué, compte tenu de son explication, donne des résultats pérennes. En effet, le traitement symptomatique, synonyme de «science sans conscience», provoque la récidive et le gaspillage socio-économique. 

C'est pourquoi l'ensemble des projets pluridisciplinaires de l'URNOP, sont, une première en Algérie, intégrés dans un modèle théorique, qui, largement expliqué et publié, montre comment chaque projet, chaque chercheur, chaque chef de projet, de cette Unité de Recherche, est orienté vers un objectif pratique, défini, porteur, cohérent et cohésif : «le Soin neuroscientifique». Voici donc ce modèle théorique de fonctionnement en recherches scientifiques orthophoniques pluridisciplinaire, comme indiqué par sa définition universelle : - Le linguiste, quel que soit son champ d'application -neurolinguistique, acquisition, apprentissage, traductologie, neuropédagogie, implicite de la littérature, du discours et du texte, notions compromises dans l'aphasie et dans la dyslexie-,…, tout comme le sociologue, offre, dans ce modèle unifiant du processus de communication normale ou compromise, des concepts et des techniques permettant de décrire le symptôme social, afin d'aboutir à des classifications de ses faits et traits pertinents. En science, on commence par observer, pour décrire et classer les faits. 

- Le neurobiologie et le cognitiviste proposent, eux, des concepts et des techniques permettant l'explication de ces faits décrits et classés (c'est la cause, l'étiologie en médecine). 

- Le thérapeute, qu'il soit médecin, orthophoniste ou psychologue, tenant des thérapies cognitives, propose, quant à lui, des concepts et des techniques, à même de soigner et de prévenir ces faits décrits et classés. 

- Le tout, intégré, à son tour, dans la modernité, les TIC. Pour l'heure 02 variables sont, depuis quelques années, introduites dans les recherches de l'URNOP : l'imagerie cérébrale et le TAL, l'intelligence artificielle, le numérique. 

Ainsi, par ce modèle, les travaux pionniers de l'URNOP, sont bien la traduction sur le terrain, de l'objectif de la DGRSDT, de mettre objectivement en avant, un impact socio-économique sûr, justifié à but défini et pérenne. 

3. L'idée est confortée par la Recherche internationale 

Il y a quelques jours, j'ai envoyé aux responsables de la DGRSDT et du ministère, le témoignage de l'enseignant-chercheur de l'Université de Batna 2, Hichem Souhali, qui m'a fait l'honneur de comparer ce que nous faisons au sein de l'URNOP, à ce qui se fait au sein du Laboratoire de l'Université de Stanford (deuxième Université mondiale !), basé à la Silicone Valley des USA et c'est au lecteur d'en juger, lui aussi. Voici le lien qu'il m'a envoyé : https://litlab.stanford.edu/. Les contenus et objets des 02 sites peuvent donc être concrètement comparés. 

En outre, 02 de nos articles : https://urnop-alger2.com/images/une découverte dites-vous.pdf et https://urnop-alger2.com/images/une découverte, dites-vous.pdf, montrent, par ailleurs, que le produit de nos recherches est conforté par l'International et que nous allons encore plus loin dans l'interdisciplinarité et le cognitivisme, que les Américains et ce, avec des projets inédits, classiquement l'apanage des pays du Nord. Jugez-en par l'exemple de 02 projets neuroscientifiques, l'un agréé par l'ATRSS, après mes dénonciations de l'absurdité des motifs de son rejet par le corps médical oranais et l'autre rejeté en 2006 par les ex-résidents du CMEP-TASSILI, qui se sont longtemps servi, ainsi que (pour rester dans le social), leur famille, des projets «sociologistes» : 

https://urnop-alger2.com/index.php?option=com_content&view=article&id=216&Itemid= 522 

Ceci veut dire qu'avec plus de justice, de probité, de moyens, de pragmatisme et moins d'obstruction et de crainte du progrès, il est, donc, tout à fait sain, de penser que nous pouvons surclasser les plus grands laboratoires du monde. Plus encore, aujourd'hui, le 08/12/2017, j'ai mis dans Google, le groupe de mots «neurosciences et économie» et je suis tombée dans un site, dont je reprends textuellement cet extrait (entre guillemets), au sujet des travaux de l'auteur Sacha Bourgeois-Gironde, Professeur d'économie, à l'Université Assas-Paris 2 et à l'ENS : «site mis à jour le 12/02/2016 : 

https://www.scienceshumaines.com/les-neurosciences-au-secours-de-l-economie_fr_35869.html#achat_article. 

Expliquer nos comportements économiques, à travers notre fabrique neuronale, telle est la tâche que s'est donnée la neuroéconomie. La neuroéconomie est apparue, au cours des années 2000. Son développement a coïncidé avec la crise la plus aiguë qu'a connue l'économie capitaliste, et la perte de confiance dans la capacité de la macroéconomie à expliquer et réguler le capitalisme financier. D'où peut-être la tentation de chercher un éclairage sur l'économie, dans des mécanismes inscrits, au plus profond de notre fonctionnement biologique. On passe, ainsi, du supra-individuel à l'infra-individuel, c'est-à-dire notre fabrique neuronale… sur laquelle nous n'avons pas davantage de contrôle. Il faut situer la neuro-économie dans ce déplacement du social au biologique, sans accroissement de l'autonomie du sujet. La neuro-économie mesure les activités cérébrales impliquées par des comportements (choisir, acheter, spéculer, coopérer) ou des processus mentaux (décider, calculer, évaluer des chances) à la base de ce que modélise la science». Donc, Sacha Bourgeois-Gironde, en tant qu'économiste, conforte en 2016, l'hypothèse, qu'en tant que cognitiviste, l'URNOP a émise en 2013. Donc encore, ceci veut dire que soumettre un projet cognitiviste à un expert «sociologiste», qu'il soit linguiste, sociologue, médecin ou psychologue, c'est, en plus, d'être une aberration, tout bonnement, en valider la destruction. Chacun de nos projets, que nous avons pu faire agréer et sauver, ne l'est, en effet, que par voie de puissants dossiers de recours, lorsqu'il n'est pas abandonné. Des preuves, je peux en publier des dizaines et elles sont archivées à la CRC, au CPND, à la DGRSDT et au ministère. 

4. D'un traitement de nos projets en respect de leur Apport novateur : pour une évaluation et une expertise justes, honnêtes et objectives 

Tout ceci appuie la démarche de la DGRSDT, déjà pleine de bonne volonté à l'image de ses responsables, qui, en fait, n'est pas une démarche nouvelle, puisque, depuis la naissance des laboratoires de recherche, en 2000, elle en finance les projets, autant en matière de fonctionnement que d'équipement. Auquel titre, nous aurions souhaité que la DGRSDT passe à la vitesse supérieure, en se penchant autant sur la recherche en SHS, que sur la recherche en sciences exactes et technologiques, ne fut-ce que du fait que, sans le développement des premières, les secondes ne se développeront pas. C'est l'Homme avec un grand «H», autrement dit «l'Intelligence», qui produit la technologie et non l'inverse et je vois mal, faisant allusion aux ovations constamment prodiguées au produit des sciences exactes et technologiques, au détriment de l'innovation en SHS, le citoyen aller acheter un logiciel, qui améliorerait le packaging d'un produit. Tout est importé en Algérie et tout est Motivation, Homme, Intelligence et Éducation. Pour l'heure, l'Ecole algérienne produit de futurs assistés, qui ne pourront donc pas développer l'économie. Dans sa vision socio-économique, la DGRSDT s'intéresse, avec de la vision, à l'Ecole, qui doit, former au contraire, de futurs acteurs indépendants et créatifs, des producteurs-exportateurs d'idées. 

Il y a 02 ans, ma petite voisine a eu le baccalauréat avec 20 en mathématiques et 20 en physique. Il y a 01 mois, elle n'a plus su refaire les 02 épreuves. Ce concept de vision s'impose donc, aujourd'hui, plus que jamais, à l'expertise de projets en ‘copier-coller', pour financement. 

En conclusion 

Les SHS avancent très difficilement en Algérie, du fait qu'à l'heure du cognitivisme, c'est le critère social, qui en circonscrit la tendance générale. Inversement, les projets, qui révèlent que c'est le cognitivisme, qui contient le «déterminisme, l'explication et l'étiologie du mal social humain» ou comportement (productif), sont massivement combattus. Le laboratoire précurseur en Algérie, des sciences cognitives, en norme et en pathologie du comportement socio-humain, est mis à l'écart, de façon planifiée. La preuve en est fracassante sur le terrain : à supposer que c'est ma personne (sic !), qui dérangerait ceux-là qui se croient gérants de leur bien privé, pourquoi alors aucun expert, parmi la centaine de cognitivistes de l'URNOP, seule entité de recherches en Orthophonie, en Algérie, n'est membre des comités scientifiques décisionnels ? Et pourquoi seule l'Orthophonie parmi l'ensemble des disciplines, fait l'objet d'expertise par les tenants d'autres disciplines ? Est-ce parce que je ne m'appelle pas Françoise ou Christine ? 

Le premier n'est admis, pourquoi s'en cacher et en effet, que s'il s'agit d'un étranger. Sinon, où sont donc passés tous les précurseurs d'idées exportables, algériens ? Qui sont donc les premiers : géographe, sociologue, chimiste, mathématicien, physicien, psychologue,… algériens ? Si la France, en 1962, n'a pas laissé, outre toutes les disciplines, l'Orthophonie, c'est parce qu'elle n'a créé son département-enseignement académique des Facultés de Médecine ou de Médecine et Pharmacie, qu'en 1966 (première Université : Paris 6-UPMC, d'où je suis sortie, lorsque je préparais mon premier doctorat, à Paris 5). En ricochet, je voudrais signaler qu'en 1979, j'ai remplacé à la tête d'une filière appelée «option orthophonie», de 02 ans appendus au tronc commun (de 02 ans) de psychologie (des généralités), sans enseignants spécialistes, la coopérante française Jacqueline Zwobada, qui était installée comme institutrice depuis 1964, à Alger. La dizaine de sortantes (promotions 1977 et 1978, qui tomberont, en 1979, mes élèves en DEA de psychologie et non d'orthophonie), y ont appris un peu d'orthophonie grâce à France Hamonet, installée à Alger de 1975 à 1979, comme orthophoniste praticienne, au service d'ORL du CHU Mustapha, qui elle par contre, était titulaire du même titre de Paris 6-UPMC, que le mien. Ceci fera d'ailleurs dire au Pr Mustapha Haddab : «Vous êtes partie de RIEN». Aujourd'hui, Département et Unité de Recherche d'Orthophonie modélisés, font la fierté de Bouzarréah et de l'Algérie toute entière. Ainsi donc, les arguments justifiant le sabotage de nos projets, depuis les années 80, ne témoignent que de 02 facteurs : 1) le facteur subjectif, dû au choc de l'innovation, nul n'est à leurrer et 2) l'incompréhension et l'ignorance de notre modèle de recherches, résultats de l'absence d'une vision progressiste sur la gestion proactive des intelligences. Toute création est «provocation» et la frustration génère la violence. Il ne reste, donc, que le CV et l'éthique, mais malheureusement, la Charte d'avril 2010 est occultée, en Algérie. 

L'expertise du Projet, indivisible et unifié de notre Unité, doit être appréhendée de façon consciente et avisée du modèle théorique ci-dessus explicité, qui le sous-tend, dans une entité de recherches, où se côtoient une trentaine de projets, dirigés par une vingtaine de chefs d'équipe, qui sont connus et retenus, non par acquaintance, mais par souci d'appliquer sur le terrain du besoin social, ce modèle pluridisciplinaire, fondant un Projet global, lui-même, minutieusement, formé de plusieurs «sous-projets». Et, tous ces «sous-projets» d'un grand Projet, scrutent un même objectif socio-économique. Ils «clustérisent » en tant que divers acteurs d'une même idée, leurs réflexions en direction d'un objectif unique, l'immense secteur de la compréhension et de la pratique clinique, du Soin neuroscientifique des CHU et des établissements spécialisés. Ainsi, l'accent particulier, mis aujourd'hui, sur l'adjectif «socio-économique», qualificatif du syntagme « à impact», signifie que l'État ne financera, désormais, un projet de recherche, que si son fruit résout un problème d'ordre pratique. La science, en effet, c'est la recherche-découverte d'une solution à une problématique sociale : besoin d'un soin ou d'un autre produit, qui soit à même de faciliter la vie du citoyen. Et l'on ne résout, efficacement, un problème, qu'à partir de ce qui l'explique. La description finit par lasser son auteur et provoque la crise. Il faut donc que les SHS se mettent au cognitivisme et que louable donc, l'idée de la DGRSDT soit alors à concrétiser, à l'aide d'experts honnêtes et scientifiques. «Taqachouf» oblige !