Contribution de notre collègue Hadj Tayeb

Medames, Messieurs,

 En dépit de tout ce que nous entendons, la lutte effective contre la gangrène du plagiat scientifique dans certains de nos établissements n'a guère dépassé le stade des bonnes intentions. Ce qui est considéré comme un épiphénomène est essentiellement généré et soutenu par le silence, la complaisance, le clientélisme et le népotisme ambiant. Est-il sérieux et crédible de continuer d’affirmer que le plagiat est marginal dans nos universités? Les faits parlent d’eux-mêmes. Et toute tentative de diversion n'est que communication captieuse.

Ces conduites méprisables et malhonnêtes sont devenues des standards pour une certaine catégorie de nos collègues enseignants. Leurs publications erronées et contrefaites sont généralement utilisées pour contourner le système universitaire et ses processus d'évaluation. Ces productions scientifiques leur ouvrent les portes à l'obtention des financements, la participation à des congrès internationaux, l'avancement dans les carrières, les promotions et l'accès à différentes responsabilités académiques....

En quête de reconnaissance, ces imposteurs scientifiques de bas niveau, ne maitrisant que le copier/coller pour fabriquer des fausses publications, s'empressent sans aucune prudence de les exposer sur le réseau social ResearchGate.

Sans nul doute, la responsabilité des contributeurs est engagée dès lors qu'ils sont signataires de la publication et que cette dernière porte leurs noms et les noms de leurs universités.

Avec audace, ils n’hésitent, ni à faire valoir leurs prétendus mérites académiques, ni à brandir comme argument d’autorité leurs attributions et prérogatives qu’ils doivent à ces articles factices.

 Dans ce contexte, comment maintenir la confiance entre les étudiants et l’institution universitaire, quand certains enseignants multiplient effrontément les fraudes sans respect de la moindre règle éthique? Quelle sera la légitimité d’un enseignant pour sanctionner un étudiant suspecté de triche si l’enseignant lui-même est susceptible d’avoir enfreint les règles les plus fondamentales? Comment cet enseignant pourra t-il restaurer le devoir et la mission d'exemplarité qui a lui même bafouées par ses inconduites récurrentes?

 Un enseignant ou un chercheur se doit de diffuser ses productions scientifiques et pédagogiques avec rigueur et professionnalisme, et de les porter à la connaissance du public dans un souci de transparence.

 Cependant, et au regard de ce qu'il a été révélé, le comportement de cette catégorie d'enseignants tricheurs relève d’avantage de la malhonnêteté et de l'addiction à la délinquance académique que du simple plagiat. La multiplication des articles publiés dans des revues bidons montre bien qu'ils sont habités par ces agissements pitoyables.

En sommes, ces pratiques contraires à l'intégrité scientifique se retrouvent désormais à divers niveaux hiérarchiques et à tous les étages de notre système universitaire.

Rabelais disait: « La sagesse ne peut pas entrer dans un esprit méchant, et science sans conscience n’est que ruine de l’âme ”. Ces scientifico-universitaires  n'ont ni la sagesse, ni la science ni la conscience.

 Bien cordialement,

Hadj Tayeb